Un transient shaper réagit à la vitesse à laquelle le niveau d’un signal change, quel que soit ce niveau.
À l’intérieur, des suiveurs d’enveloppe surveillent le même signal à des vitesses différentes. Un rapide suit chaque coup presque instantanément. Un plus lent prend son temps pour monter. Au début d’un coup, le rapide bondit et le lent traîne derrière, et l’écart entre les deux, c’est l’attaque. Montez Attack et cet écart devient du gain : les premières millisecondes de chaque coup deviennent plus fortes.
Sustain travaille par l’autre bout. Un suiveur qui monte vite mais redescend lentement reste au-dessus du signal pendant qu’un coup s’éteint, et cet écart, c’est la queue. Coupez-la et la caisse claire cesse de résonner plus tôt. Montez-la et la pièce dans les overheads avance entre les coups.
Pourquoi ce n’est pas un compresseur
Un compresseur a un seuil. Le signal au-dessus est baissé, le signal en dessous est laissé tranquille, donc ce qu’un compresseur fait à un coup dépend de la force de ce coup.
Un transient shaper n’a pas de seuil. Une ghost note et un backbeat commencent tous les deux par un saut de niveau, donc ils reçoivent tous les deux la même accentuation d’Attack en décibels, et une boucle de batterie jouée plus fort dans le refrain reçoit la même mise en forme que dans le couplet. Vous réglez la forme du coup une fois, et elle tient tout le morceau.
Cette même propriété a un coût. Un shaper ne sait pas distinguer un coup que vous voulez d’un coup que vous ne voulez pas, donc le tambourin reçoit ce que reçoit la caisse claire. Entre les coups, une accentuation de Sustain remonte tout ce qui est là, bruit compris, et c’est pourquoi un shaper bien élevé s’efface de lui-même sous un plancher. Certains laissent aussi les coups les plus forts prendre plus d’effet que les coups doux, pour que les ghost notes restent petites sous le backbeat.
Ce qui change en mid/side
Séparez un bus de batterie en mid et side, et vous tenez deux batteries différentes.
Le mid contient les micros de proximité : grosse caisse, caisse claire, le centre des overheads, tout ce qui est panoramiqué au milieu. Le side contient ce qui s’étale : les micros d’ambiance, les charleys et les toms écartés, la largeur des overheads, et toutes les réverbes stéréo du bus.
Chaque voie a donc un travail évident. De l’Attack sur le mid fait frapper la grosse caisse et la caisse claire plus fort sans rien ajouter à la pièce sur les côtés. Une coupe de Sustain sur le side raccourcit la pièce : l’espace entre les coups devient plus net pendant que les coups gardent leur taille. Montez plutôt le Sustain du side, et une petite pièce sonne plus grande pendant que le centre reste sec.
Un shaper stéréo ne peut pas séparer ces deux gestes. Couper la queue de la pièce coupe avec elle celle de la caisse claire, parce que les deux sont dans les deux enceintes.
Un coup, deux détecteurs
Le piège vient du calcul du mid et du side.
La gauche, c’est mid plus side, et la droite, mid moins side. Un son au centre ne vit que dans le mid. Un son panoramiqué complètement à gauche se répartit à parts égales entre mid et side, et les deux moitiés s’annulent dans l’enceinte droite.
Un transient shaper n’est pas linéaire, puisque le gain qu’il applique dépend du signal. Donnez au mid et au side des détecteurs séparés et, pendant un coup, le mid peut être monté de 4 dB alors que le side ne l’est pas. Pour tout ce qui n’est pas au centre, les deux moitiés cessent de s’annuler là où elles le faisaient. Le charley complètement à gauche fuit dans l’enceinte droite le temps de l’attaque, puis revient, et sur un motif chargé, ça sonne comme une image qui clignote.
Un shaper conçu pour ça propose en général un mode lié, précisément pour cette raison : un seul détecteur pilote les deux voies, le même gain tombe sur le mid et le side au même instant, et rien ne bouge dans l’image. Utilisez des détecteurs séparés quand le centre et les côtés demandent des traitements différents, gardez des réglages modérés sur la voie du side, et écoutez si quelque chose de panoramiqué large saute sur les coups.
Régler les temps
Deux temps décident de ce qui compte comme attaque et de ce qui compte comme queue.
Attack Time, c’est la durée de la fenêtre accentuée. Autour de 5 ms, elle attrape le clic de la batte et de la baguette. À 30 ms, elle prend tout l’avant de la caisse claire, corps compris, et le fût devient plus gros en plus d’être plus fort.
Sustain Time, c’est jusqu’où le gain de sustain va dans la décroissance. Autour de 150 ms, il raccourcit la résonance d’une caisse claire. À une demi-seconde ou plus, il atteint la pièce, ce qui, sur la voie du side, est en général le but.
Sur un bus de batterie, un Attack Time court sur le mid et un Sustain Time long sur le side sont un bon point de départ.
Là où ça tourne mal
- Les crêtes. Le gain d’attaque va directement sur les crêtes. Neuf décibels d’attaque, c’est jusqu’à neuf décibels de plus dans le limiteur qui suit, et un limiteur qui réaplatit les transitoires annule le geste. Baissez la sortie, ou utilisez le limiteur du shaper s’il en a un.
- Une réverbe qui n’est pas la pièce. Une coupe de Sustain sur le side d’un mix complet ne fait pas la différence entre la pièce de la batterie et la réverbe stéréo de la voix. Les deux raccourcissent.
- Le mono. L’attaque ajoutée sur le side disparaît quand le side s’annule, donc des coups qui claquent sur des enceintes deviennent mous sur un téléphone. Mettez sur le mid l’attaque qui doit survivre au mono.
- Plus fort sonne mieux. Ajouter de l’attaque ajoute aussi du niveau. Comparez au bypass à loudness égale avant de décider que ça a aidé.
Pour commencer
- Commencez en stéréo, avec Attack seulement, jusqu’à ce que la grosse caisse et la caisse claire tombent là où vous les voulez.
- Passez en mid/side si la pièce demande son propre traitement. Retirez 3–6 dB de Sustain sur le side et laissez le Sustain du mid tranquille.
- Mettez le side en solo un instant. Les charleys et les toms écartés ne doivent pas sauter sur le backbeat.
- Vérifiez en mono, puis au bypass à niveau égal.